Majoration temporaire des taux des indemnités kilométriques décret 2006

2026-06-02T11:48:52+02:002 juin 2026|Catégories : À LA UNE|Mots-clés : , |

Suite à plusieurs interventions syndicales sur la hausse du prix de l’énergie comme le communiqué FSU  » Flambée des prix de l’énergie : il faut des mesures d’urgence pour les personnels de la Fonction publique « , le gouvernement Lecornu a annoncé le 21 mai plusieurs mesures de soutien en direction des agent.es public.ques : une revalorisation temporaire de 3,2 % du barème des indemnités kilométriques et une indemnité carburant doublée pour les “grands rouleurs” au même titre que pour les salarié.es du secteur privé. 

Certain.es agent.es publics.ques (titulaires, stagiaires, contractuel.les) autorisé.es à utiliser leur véhicule personnel pour les besoins du service et hors de leur résidence administrative (territoire de la commune, au sens administratif du terme) sont indemnisé.es de leur frais de transport sur la base d’indemnités kilométriques conformément à l’article 10 du décret n° 2006-781 du 3 juillet 2006.

Cela peut concerner notamment les situations en services partagés, en formation continue ou initiale,  en missions de remplacement qui ne concernent pas les ISSR, …

Un arrêté du 29 mai 2026 majore temporairement les taux des indemnités kilométriques, dont les derniers montants ont été fixés en 2022, pour les déplacements effectués entre le 1er juin 2026 et le 31 décembre 2026.

Ainsi, à compter du 1er juin 2026 et jusqu’au 31 décembre 2026, les taux des indemnités kilométriques sont désormais les suivants :

 

Pour l’utilisation d’une automobile 

Pour Métropole, Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Mayotte, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon (en euros)

Puissance fiscale du véhicule Jusqu’à 2 000 km De 2 001 à 10 000 km Après 10 000 km
Véhicule de 5 CV et moins 0,33 euros (contre 0,32 euros auparavant) 0,41 euros (contre 0,40 euros auparavant) 0,24 euros (contre 0,23 euros auparavant)
Véhicule de 6 CV et 7 CV 0,42 euros (contre 0,41 euros auparavant) 0,53 euros (contre 0,51 euros auparavant) 0,31 euros (contre 0,30 euros auparavant)
Véhicule de 8 CV et plus 0,46 euros (contre 0,45 euros auparavant) 0,57 euros (contre 0,55 euros auparavant) 0,33 euros (contre 0,32 euros auparavant)

 

Pour l’utilisation d’un autre véhicule à moteur

Pour Métropole, Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Mayotte, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon (en euros)

  • Motocyclette (cylindrée supérieure à 125 cm3) : 0,16 euro (contre 0,15 auparavant)
  • Vélomoteur et autres véhicules à moteur : 0,13 euro (contre 0,12 auparavant)

Réactions

Communiqué FSU – Hausse du prix des carburants : les agent.es publics ne doivent pas subir

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et le ministre de l’Action et des comptes publics, David Amiel, ont annoncé de nouvelles mesures qui sont censées aider les travailleuses et travailleurs à faire face à la hausse des prix du carburant.

La seule mesure qui concerne les agent.es publics est l’augmentation provisoire de 3,2% des indemnités kilométriques pour celles et ceux qui sont contraint.es d’utiliser leur véhicule pour assurer leurs missions. L’Etat va donc améliorer le remboursement des trajets effectués par les agent.es pendant leur temps de travail, en tenant compte de l’augmentation du prix du carburant … C’est bien la moindre des choses que ce ne soient pas les agent.es qui paient le surcoût lié au fait que leur employeur leur demande d’utiliser leur véhicule pour assurer leur mission…

Aucune mesure en revanche pour celles et ceux qui ont besoin de leur véhicule personnel pour aller travailler. Selon une étude de la DGAFP, 69% des agent.es publics effectuent en voiture les trajets domicile-travail. Ces personnels, qui assurent les services publics au quotidien, subissent de plein fouet les effets de la hausse des prix. Par exemple, avec le prix actuel de l’essence, une AESH qui travaille dans une école, un collège ou un lycée à 20 kms de son domicile et qui n’a d’autre choix que d’utiliser sa voiture pour se rendre sur son lieu de travail consacre environ 100 euros par mois à ses dépenses de carburant, ce qui représente près de 10% de ses revenus…

Il est inacceptable qu’aucune mesure véritable ne soit prise pour aider les agent.es publics à supporter la hausse du prix des carburants. Et « en même temps », le gouvernement refuse de mettre pleinement à contribution les grandes entreprises du secteur dont les profits augmentent grâce à une exploitation cynique de la situation internationale et nationale. Il est plus que temps de sortir de la dépendance aux énergies fossiles, qui fragilise les plus bas revenus et menacent les conditions de vie en accentuant le changement climatique.

Pour la FSU, la priorité doit être l’augmentation des salaires, avec des mesures d’urgence d’augmentation de la valeur du point d’indice et l’ajout de points pour toutes et tous. La réindexation de la valeur du point d’indice sur l’inflation doit être rapidement mise à l’ordre du jour de l’agenda social de la Fonction publique.

La FSU amplifie sa campagne d’information et de conviction auprès des personnels pour montrer que ses revendications sont finançables par un autre partage des richesses et pour préparer les mobilisations à venir pour la revalorisation des personnels.

Communiqué de l’Alliance Écologique et Sociale   – Taxer les profits de guerre des multinationales fossiles : une urgence sociale et écologique

https://alliance-ecologique-sociale.org/taxer-les-profits-de-guerre-des-multinationales-fossiles-une-urgence-sociale-et-ecologique/

Alors que l’impact de la guerre se fait de plus en plus ressentir pour les ménages, les multinationales fossiles s’en mettent plein les poches. Le gouvernement navigue à vue et colle à sa politique d’austérité, alors qu’une politique de redistribution et de financement de la transition écologique et sociale pourrait nous sortir de la crise. 

Le prix d’un litre de diesel a augmenté de 45 centimes en moyenne depuis le début de la guerre et le prix du gaz a augmenté de 15% au 1er mai en raison des tensions géopolitiques. La hausse des prix des carburants est partie pour durer et celle du prix du gaz ne fait que commencer, suscitant des inquiétudes légitimes de la population.

Les ménages dont le pouvoir d’achat était déjà contraint en sont les premières victimes, et les impacts vont se répercuter sur l’économie toute entière, affectant la population dans son ensemble. Cette crise est révélatrice de nos faiblesses, résultantes d’une série de choix politiques qui nous ont maintenus dans une grande dépendance aux énergies fossiles.

Les mesures déployées par le gouvernement pour faire face à la crise ne sont absolument pas suffisantes. Au 27 avril, le gouvernement dit avoir déployé l’équivalent de 470 millions d’euros d’aides de soutien pour faire face à la crise au Moyen-Orient, dont 60 millions pour le chèque énergie et 160 millions d’indemnité carburant pour les “grands rouleurs”. Ces centaines de millions d’euros reviennent in fine dans la poche des multinationales fossiles, les mêmes qui réalisent des maxi profits indécents sur le dos de la guerre, délocalisés dans les paradis fiscaux. Les profits de TotalEnergies ont ainsi bondi de 51% au premier trimestre, et l’entreprise a d’ores et déjà décidé de reverser plus de dividendes aux actionnaires.

Le gouvernement n’a par ailleurs pris aucune nouvelle mesure structurelle pour sortir de ce cercle vicieux et protéger durablement la population de la volatilité des prix de l’énergie et de la dépendance aux énergies fossiles. Le plan électrification n’est pas financé. Rien n’a été décidé pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables et la rénovation énergétique des logements. Au contraire, ces dernières années, le gouvernement a multiplié les reculs sur ces leviers essentiels de la transition, avec le dernier recul en date sur la mise en location des passoires énergétiques annoncée pour les semaines qui viennent.

De plus, le gouvernement prévoit 6 milliards d’économies supplémentaires dans le budget 2026 pour compenser l’impact de la guerre et tenir les objectifs de déficit. Plutôt que d’activer des leviers de justice fiscale et de taxer l’argent où il est, le gouvernement fait le choix de fragiliser encore davantage les services publics et la protection sociale, au détriment de la majorité de la population.

Alors qu’Emmanuel Macron appelle le gouvernement à trouver de nouvelles aides pour aider les ménages face à la hausse des prix du carburant, l’Alliance Écologique et Sociale (AES) met en garde contre de nouvelles dépenses qui seraient faites aux frais de la population, alors que les multinationales de l’industrie fossile réalisent des milliards de profits, augmentant par la même occasion les dividendes et rachats d’action pour les actionnaires.

Taxer ces bénéfices, les dividendes et les rachats d’action des entreprises qui profitent de la crise permettrait de lever des moyens financiers pour la transition énergétique et de redistribuer aux ménages les plus touchés.

En particulier, il est indispensable que l’Etat se donne les moyens financiers de donner accès à grande échelle aux transports en commun, aux mobilités actives et aux voitures électriques légères et économes pour réduire la dépendance au pétrole tout en accélérant la rénovation énergétique performante des logements. Pour favoriser d’autres modes de déplacements, rendons également obligatoire le forfait mobilité durable dans le privé.
Pour financer ces aides, une mesure structurelle de long terme est indispensable et nous appelons le gouvernement à taxer de manière efficace les profits de guerre des multinationales fossiles.
Il est urgent d’augmenter les salaires et les minima sociaux.
L’argent ainsi redistribué est un investissement dans l’avenir, qui nous protégera des crises énergétiques, climatiques et géopolitiques.

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