Un groupe de travail “ORS” (obligations réglementaires de service) consacré aux 108 heures s’est tenu mardi 22 septembre. Selon le ministère, il s’agirait “d’assouplir les 108h pour mieux coller à la réalité des écoles”.

Pour la FSU-SNUipp, c’est d’une prise en compte réelle du temps de travail effectué, d’une reconnaissance du temps de travail invisible et d’une vraie réappropriation par les équipes de leur temps de travail dont les personnels ont besoin. Les 108h doivent être à la libre disposition par les enseignant·es au sein des écoles, sans pressions ni injonctions verticales des Inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN).

Le ministère veut avancer au pas de charge, avec un vote en CSA-Ministériel dès le 6 octobre, pour une application dès la rentrée de septembre 2027.
La FSU-SNUipp dénonce une méthode abrupte et irrespectueuse des personnels et de leur professionnalité.

Le ministère propose un système de fourchette horaire dont l’utilisation serait à déterminer par les équipes, la totalité devant faire 108h au final, comme actuellement.

  • 24 à 42 h d’APC (36 h actuellement)
  • 36 à 48 h de concertation et relation avec les familles (48 h actuellement)
  • 18 à 30 h d’animations pédagogiques (18h actuellement)
  • 6 h de conseil d’école (inchangé)

La FSU-SNUipp est intervenue et a posé un certain nombre de lignes rouges :

— > nous revendiquons la suppression des APC, il est donc inenvisageable que leur volume augmente.
— > le temps de concertation et de lien avec les familles est actuellement très insuffisant. Rien que l’organisation de la vie d’une école explose le compteur actuel. Les relations avec les familles, difficilement quantifiables, prennent, elles aussi, beaucoup de temps. Elles sont pourtant primordiales pour construire une co-éducation efficace avec les parents d’élèves. Ces temps de concertation et de relation avec les familles ne peuvent donc pas être diminués et doivent au contraire augmenter pour être pris en compte au moins à la hauteur des heures que réalisent déjà les personnels.
— > le plafond haut de la formation ne peut pas justifier la mise en place de résidences pédagogiques et autres constellations. La volonté affichée du ministère d’imposer des résidences pédagogiques pilotées par les indicateurs des évaluations nationales laisse prévoir que des formations imposées atteindront plutôt les 30h dans une fourchette prévue de 18h à 30h. Inévitablement, cela se ferra au détriment des temps de concertation et de relation avec les familles ou plutôt de la reconnaissance des heures supplémentaires effectuées pour le faire.
— > la répartition des fourchettes et le choix des formations doivent être réellement à la main de chaque équipe, sans que l’IEN ne puisse imposer ses propres choix en fonction d’indicateurs prescrits.
— > la revendication de la FSU-SNUipp reste la réappropriation des 108 heures par les équipes pédagogiques et non pas une logique à géométrie variable d’augmentation/diminution des différents temps.
— > A ce jour, le projet de décret ne prévoit que des fourchettes horaires et aucune circulaire d’application n’est proposée. Cette circulaire est pourtant nécessaire pour préciser notamment le rôle des IEN qui doit se limiter à la vérification de la conformité des volumes horaires choisis.

A l’opposé des propositions du ministère, la FSU-SNUipp revendique la réappropriation des 108 h par les équipes !
La FSU-SNUipp a réclamé la tenue d’un nouveau groupe de travail sur la circulaire d’application. Nous œuvrerons aussi pour que la réponse auprès du ministère soit la plus intersyndicale possible.
Nous nous opposerons à tout bilan annuel de la pertinence du choix des équipes, qui pourrait être introduit dans la circulaire.
Le nouveau décret sera applicable à la rentrée 2027. Un vote est à ce jour programmé pour le CSA-MEN du 6 octobre, une précipitation que nous dénonçons.