Le ministère a lancé la réécriture des programmes de maternelle, langues vivantes étrangères et régionales, EPS, histoire-géographie et sciences et technologie, dans un calendrier précipité. Ils s’inscrivent majoritairement dans la même logique génératrice d’inégalités que ceux de français et maths de 2025 : abandon des cycles, surcharge des contenus, abandon des consensus scientifiques en éducation, contraintes sur les gestes professionnels… qui engendreront à terme l’exacerbation du tri social.
Jusqu’en 2024, les programmes, articulés au socle commun de connaissances, de compétences et de culture, fixaient ce qui devait faire « culture commune » pour toutes et tous. Leur mise en œuvre relevait de l’expertise enseignante. Rompant avec cette logique, les nouveaux programmes ont été conçus comme des « feuilles de route » contraignant les pratiques enseignantes et contraintes par les évaluations nationales.
En maternelle, l’accent est mis sur l’acquisition du lexique au détriment des langages et des savoirs « disciplinaires » eux-mêmes. Ces programmes actent la disparition de la construction du rapport à l’école et aux apprentissages scolaires pourtant indispensables pour devenir élève.
Concernant les langues vivantes étrangères et régionales, l’honnêteté aurait été de titrer “programmes d’anglais”, tant il n’est question que de cette langue.
Les programmes d‘histoire géographie sont en complète rupture avec les acquis de la recherche. En 2015, ils pointaient la nécessité de partir des questionnements des élèves en mobilisant peu à peu les outils de l’histoire et de la géographie. Ce n’est plus le cas, avec l’entrée dans les disciplines dès le CP. Ceux d’histoire privilégient l’apprentissage par cœur des repères du récit national plutôt que de construire le rapport au temps. Les programmes de géographie nécessiteraient une réécriture complète pour tenir compte de la didactique de la discipline, afin qu’un enseignement soit possible à partir des expériences spatiales des élèves, et non des seuls fonds de cartes et planisphères, outils trop abstraits pour des élèves de cycle 2.
lien vers programmes HG cycle 2
lien vers programmes HG cycle 3
Les programmes de sciences et technologie font figure d’ovni positif. Ils sont marqués d’une assise didactique, de l’ambition de l’exercice de l’esprit critique, de l’affirmation de la dimension langagière spécifique de ces apprentissages. Cependant l’absence maintenue de la technologie en 6ème met à mal l’exigence de continuité de cet apprentissage du cycle 2 au cycle 4.
lien vers programmes Sciences et technologies cycle 2
lien vers programmes Sciences et technologies cycle 3
Concernant l’EPS
Majoritairement rejetés en Conseil Supérieur de l’Education, l’application de ces programmes dès la rentrée 2026 est contraire au Code de l’Éducation qui prévoit une année d’appropriation et de formation avant leur mise en œuvre. Renouer avec l’ambition de lutter contre les inégalités d’apprentissage nécessite de rompre avec ces politiques inégalitaires dont les nouveaux programmes font partie. Reprendre la main sur notre métier est une première étape.
